AMBIANCE : Sparte, -491 av. J.-C.
Le messager Perse parla avec fierté : « Spartiates, je représente la voix de Sa Majesté Darius le Grand, fils d’Hystaspès, héritier direct d’Achéménès, Grand Roi de l’Empire des Perses et des Mèdes, Maître de Persépolis, de Suse et de Babylone, Souverain d’Égypte, d’Éthiopie, d’Élam, de Lydie, de Ionie et de toutes les terres de l’Est, conquérant des terres de l’Ouest, pieux Sage choisit par la sainte volonté du seul dieu des hommes, le vénéré Ahura Mazda dont la lumière... »
Le capitaine leva la main et la maintint en l’air, prêt à indiquer aux gardes qui l'entouraient de frapper les visiteurs.
« Parle vite t’ai-je dit !
– Spartiates ! Les armes de mon escorte sont restées au fourreau depuis que nous sommes entrés dans votre cité. Ce n’est pas en ennemi, mais en messager que je réclame audience auprès de votre roi. »
Le scribe grassouillet qui accompagnait le messager ajouta d’une voix aigrelette : « Un messager a le droit de visiter une cité sans être inquiété...
– Un messager a le devoir de se renseigner sur les Lois de la cité qu’il visite ! »
Le capitaine le coupa en lui lançant un regard méprisant, lourd de menaces s’il osait à nouveau interférer dans la discussion. Puis il fit signe aux Hippeis de baisser leur lance. Grecs comme barbares, tout le monde respectait la mission d’un ambassadeur.
« Bien. Nous te recevons en messager selon la loi de l’hospitalité, mais la Loi Spartiate prédomine. Garde cela à l’esprit quand tu t’adresseras au représentant des Pairs. Et saches qu'il n’y a que des hommes libres à Sparte. Cela aussi souviens-t’en. »
Sans attendre la moindre réponse, le capitaine tourna les talons et fit signe qu’on le suive. Les Hippeis, eux, encadrèrent les Perses sans les quitter des yeux...
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